Peintures suaires
Peintures suaires
Lumière fovéale
La zone fovéale est l’endroit sur l’oeil où la vision est la plus nette.
Être dans l’oeil, être dans le regard : déambuler dans une image comme dans un paysage pour en éprouver l’épaisseur.
Les installations sont issues, en le spatialisant, de mon travail de peinture. Elles s’affranchissent de ce rapport au mur inhérent aux images en deux dimensions. Pourtant c’est bien de peinture dont il s’agit, mais d’une peinture rincée de sa part organique, événementielle (dans le sens où le geste, le moment de son exécution a une importance); une peinture stabilisée dans le moment de son regard. Un lieu, du papier, de l’huile et de la lumière pour faire exister des “peintures sans peinture” ; ou comment peindre l’invisible avec de la transparence. Sans pigments et sans gestes afin de ne garder qu’une empreinte, un contact, en écho à ces images dites «acheiropoïètes» (c’est-à-dire non faites de mains d’hommes) dont les exemples les plus connus sont la Véronique romaine et le Saint Suaire de Turin. Ces images supposées sans genèse plastique et comme en suspension dans l’histoire de l’art incarnent une certaine forme d’absolu. Elles sont en quelque sorte des transformateurs de sueur en suaires.
Dans ces installations, la lumière intervient comme un révélateur, elle est le liant qui réunit et agite l’espace de l’installation, l’espace de l’image et l’espace de la pensée.